La réforme de la formation professionnelle

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a présenté au Conseil des ministres sa réforme de la formation professionnelle, dont le contenu a été dévoilé en mars. Dans cet article, nous allons revoir les points principaux de ce texte.
A l’issue de plusieurs mois de discussions entre la ministre du Travail, les syndicats et le patronat.

Un texte concernant la réforme de la formation professionnelle, de l’assurance chômage, ainsi que celle de l’apprentissage a été dévoilé. Très attendu, un premier texte avait d’abord été dévoilé fin février.
Le contenu remanié des mesures, donnant plus de droits aux travailleurs, a ensuite été dévoilé en mars.

Raisons de la réforme?

Avec la technologie, le secteur professionnel a connu d’importantes mutations, le monde du digital a créé de nouveaux métiers et rendu certaines skills obsolètes. La formation professionnelle qu’on connaissait devait s’adapter.
Sinon, l’accès à la formation professionnelle n’était jusqu’à présent pas équitable.
C’est l’INSEE, avec des chiffres plutôt accablants qui le dit :
Aujourd’hui, 62% des salariés ayant accès à la formation professionnelles travaillent en “grosse entreprise” (+250 salariés) contre 35% seulement des petites entreprises, startups de 1 à 9 salariés.
Encore plus grave, Les “white collar” représentent 66% des personnes susceptibles de recevoir une formation contre 34 et 38 pour cent des “blue collar”, alors que la formation professionnelle a pour premier et peut être unique objectif de renforcer les skills du travailleur, et faire du marché une place fluide.
Avant aujourd’hui, les entreprises et leurs employés trouvaient le sytème de formation hyper complexe.
Entre les white et blue collars encore, 28% et 6% déclarent (selon la DARES) avoir eux-mêmes choisi leur formation. Ca veut dire que 72 et 94 pour cent ont suivi une formation “contrainte”.

S’adapter aux nouveaux métiers

Avec la technologie, encore une fois, les secteurs professionnels qu’on connaissaient changent ou disparaissent et de nouveaux se créent. Selon le ministre du Travail, pas moins de 50% des emplois seront transformés d’ici 10 ans. Ces nouveaux métiers requièrent donc le développement de compétences de personnes occupant déjà ces emplois.

Concrètement, qu’est ce qui va changer?

En tout, une véritable révolution avec pas moins de 12 mesures concernant les entreprises et leurs salariés:

Pour les salariés

Ce sont 15 milliards d’euros du Grand Plan d’investissement 2018-2022 : Ces dépenses viseront à encourager les travailleurs et les demandeurs d’emploi à se former.
Jusqu’à présent, le compte personnel de formation (CPF) était alimenté en heures de formation, ce ne sera plus le cas :
Sur leur CPF, les employés auront à disposition 500 euros par an, plafonné à 5 000 euros, contre 800 euros par an pour les employés non qualifiés, et un CPF plafonné à 8 000 euros.
Dorénavant, les travailleurs pourront plus facilement accéder aux longues formations. S’ils n’ont pas assez de crédits pour en suivre une, c’est leur entreprise qui devra alimenter leur CPF (après une commission).
Les employés à temps partiel verront leurs droits améliorés et pourront profiter des mêmes avantages que ceux des employés à temps plein.
Dans chaque région, un conseil en évolution professionnelle sera créé. Ce qui veut dire que ceux désireux d’évoluer de manière professionnelle pourront tout simplement s’y adresser. Ce dernier les assistera à dresser un bilan de compétences, définir un projet professionnel et à les guider vers la formation appropriée.

Pour les demandeurs d’emploi

Cette réforme concerne également les chômeurs. La ministre du Travail a pour ambition que d’ici 5 ans, 1.000.000 de demandeurs d’emploi peu qualifiés et 1.000.000 de jeunes au chômage soient formés.
En particulier, ils bénéficieront de modules de mises à niveau dans des domaines de base tels que le numérique.
Les demandeurs d’emploi, eux, seront pris en charge dès leur premier mois. Ca facilitera la possibilité de répondre à leurs besoins et ainsi leur offrir une formation appropriée.
Une application mobile CPF leur permettra d’accéder aux différentes formations disponibles ou d’avoir le feedback de personnes les ayant suivi.
De plus, les démissionnaires auront droit à l’assurance chômage sous certaines conditions: avoir un projet professionnel défini et être affiliés à l’Unedic pendant au moins 5 ans. Les travailleurs indépendants pourront également bénéficier de ces indemnités en cas de liquidation.

Pour les entreprises

Dorénavant, les TPE et les PME recevront une aide financière des grandes entreprises. Plus exactement, les plans de formation des entreprises de moins de 50 employés seront financés par les plus grandes entreprises.
Pour tout simplifier, c’est dorénavant l’URSSAF qui va collecter la contribution à la formation professionnelle et les entreprises n’auront plus aucune procédure administrative spéciale à mener. Cette contribution sera également la seule que les entreprises devront payer aux frais de la taxe d’habitation. Par contre, le taux de cotisation restera le même.
Toujours dans un souci de simplification, les plans de formation aux entreprises n’auront plus à différencier:
Actions liées à l’évolution de l’entreprise – Actions liées au maintien de l’emploi dans l’entreprise – Actions d’adaptation sur le poste de travail – Actions de développement des compétences
– Périodes de professionnalisation

A part ça

Muriel Pénicaud veut aussi garantir une protection sociale des travailleurs de nouveaux modèles économiques comme Uber, etc. Dans sa lutte contre la précarité de l’emploi, des sanctions seront désormais prévues a l’encontre d’entreprises ayant recours à des contrats courts.

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